Qu'est ce que la Muco?
Comprendre la mucoviscidose
La mucoviscidose est une maladie génétique. Elle se caractérise par des sécrétions visqueuses au niveau de plusieurs organes, principalement les poumons et le pancréas. Elle se développe dès la naissance, et évolue avec des épisodes d'aggravation.
a. la mucoviscidose: une maladie génétique qui n'atteint pas que les poumons
La mucoviscidose est une maladie génétique caractérisée par l'épaississement des sécrétions de plusieurs organes, essentiellement les poumons et le pancréas: organe abdominal qui joue un rôle dans la digestion et la régulation de la glycémie, ce qui altère leur fonctionnement.
Elle est diagnostiquée le plus souvent dans l'enfance, à la naissance, dans les premiers mois de la vie ou avant 6 ans. Cependant, il existe des formes à révélations plus tardive.
Les principaux organes touchés sont:
- les poumons: la mucoviscidose provoque un épaississement des sécrétions muqueuses qui recouvrent les bronches et une obstruction des petites bronches. Elle favorise également la survenue de surinfections répétées.
- le pancréas: les sucs pancréatiques ne sont plus suffisamment sécrétés, ce qui conduit à une mauvaise absorption des graisses et des troubles nutritionnels. En ce sens, la mucoviscidose est également appelée fibrose kystique du pancréas.
- les glandes sudoripares: augmentation de la concentration en iode chlorure dans la sueur.
- les glandes sexuelles chez l'homme: obstruction des canaux déférents: canaux qui conduisent le sperme depuis les épididymes jusqu'à la base de la prostate où ils se réunissent pour former le canal éjaculateur. Ce dernier s'ouvre dans l'urètre et permet l'éjaculation, (empêchant le déplacement des spermatozoïdes produits par les testicules).
D'autres atteintes peuvent apparaître au cours de l'évolution de la maladie, en particulier celles du foie et des voies biliaires .
La mucoviscidose est une maladie chronique rare, de gravité variable selon chaque individu atteint. Elle évolue progressivement avec des épisodes d'aggravation.
b. Qu'est ce que le pancréas?
Le pancréas est une glande d'environ cm, logée dans l'abdomen (partie inférieure du tronc séparé du thorax par le diaphragme et limitée en bas par le bassin) derrière l'estomac, près de la colonne vertébrale. Cet organe revêt deux fonctions:
- il sécrète l'insuline et le glucagon dans la circulation sanguine. Ces hormones régulent le taux de sucre dans le sang (ou glycémie);
- Il produit les sucs pancréatiques qui se déversent dans l'intestin et participent à la digestion des protéïnes et des graisses.
c. Combien de personnes atteintes de la mucoviscidose?
On estime qu'environ 200 enfants atteints de la mucoviscidose naissent chaque année en France, soit en moyenne 1 sur 4 500 nouveaux-nés, avec une forte disparité régionale due aux socles génétiques locaux: la maladie concerne ainsi 1 enfant sur 3 000 en Bretagne, contre 1 sur 7 à 8 000 en Languedoc-Roussillon. Par ailleurs, les populations d'origines européennes sont plus fréquemment concernées que celles d'origine africaine ou asiatique. La France compterait 6 000 patients
Aujourd’hui, grâce aux progrès de la recherche et à l’amélioration de la prise en charge de cette maladie, l’espérance de vie moyenne d’un patient est comprise entre 40 et 50 ans, alors qu’elle n’était que de 5 ans dans les années 1960. Il est probable que les enfants malades nés ces dernières années voient leur espérance de vie encore améliorée, du fait des traitements qui sont en développement et commencent, pour certains, à être commercialisés. (Inserm.fr).
d. le mot mucoviscidose dérive des "mucus" et de "visqueux"
La maladie est liée à une anomalie de la protéine CFTR (Cystic Fibrosis Transmembrane conductance Regulator). Cette protéine régule les transports de chlore à travers les membranes des muqueuses glandulaires du corps (sécrétions bronchiques, biliaires, pancréatiques,...)
Chez les personnes atteintes de la mucoviscidose, la protéine est anormale et les sécrétions ne contiennent pas assez d'eau. Peu fluides, ces sécrétions s'évacuent difficilement. Son mode de transmission est génétique.
La protéine CFTR, à l'origine de la maladie, est fabriquée à partir du gêne situé sur le chromosome 7 (il s'agit d'un chromosome autosome à différencier des chromosomes sexuels (X ou Y). Ce gène peut faire l'objet de mutations qui rendent la protéine inefficace.
Il existe près de 1 500 mutations de ce gêne . La plus fréquente (Delta F 508) est en cause chez 70% des malades. Selon la nature de la mutation du gêne portée par la personne, la mucoviscidose sera plus ou moins sévère.
La mucoviscidose est une maladie autosomique récessive. Cela signifie que chacun des deux parents, non malades, doit être porteur du gène muté pour transmettre la maladie à un enfant (ils sont porteurs sains du gène).
Il s’en suit les 3 possibilités de transmission du gène de la mucoviscidose à l'enfant :

• Quand l'enfant a hérité des deux chromosomes de la paire 7 portant le gène muté, il est malade (un risque sur 4) ;
• Quand l'enfant n'a reçu qu'un seul des deux chromosomes de la paire 7 portant le gène muté, l’enfant est indemne mais peut transmettre la maladie. On dit qu’il est porteur sain (un risque sur 2) ;
• Quand l'enfant a reçu les deux chromosomes portant le gène normal (non muté), l’enfant est indemne et ne transmettra jamais la maladie (une chance sur 4).
Ainsi, chaque fois que deux parents "porteurs sains" d’une mutation du gène ont un enfant, il y a un risque élevé (1 sur 4) que celui-ci soit atteint de mucoviscidose.
Ce risque est le même à chaque grossesse. Si un premier enfant est atteint, cela ne signifie pas que les enfants qui naîtront ultérieurement seront indemnes.
e. Vivre avec la mucoviscidose
Une fois le diagnostic posé, la famille de l’enfant, ou le patient adulte, sont convoqués au CRCM afin qu’on lui explique le suivi nécessaire. La mucoviscidose est une maladie qui affecte beaucoup d’organes, ces centres regroupent tous les professionnels concernés pour un suivi et une aide complète. "Il y a des mesures d’hygiène à connaître pour éviter au maximum que le patient attrape des microbes. Des recommandations diététiques sont aussi données pour apprendre comment mieux assimiler la nourriture. Les séances de kiné respiratoires seront également fréquentes pour cracher et évacuer le mucus. La fréquence du suivi à l’hôpital dépend de l’état de santé du patient", explique Anna Ronayette-Preira.
Les premières années, les visites sont moins fréquentes qu’à l’âge adulte où les symptômes deviennent plus sévères. Il faut savoir que ce suivi permet au maximum de retarder l’évolution de la maladie, mais ne la stoppe pas.
Les progrès de la médecine et la recherche
A. L'espérance de vie a augmenté de 8 ans en 10 ans
Aujourd'hui, il n'existe pas de traitement qui permet de guérir de la mucoviscidose. Selon, Vaincre la Mucoviscidose, les patients décèdent aujourd’hui en moyenne à l'âge de 34 ans. Les progrès en matière de recherche, de prise en charge de la maladie et d’accompagnement des patients et de leurs proches qui ont été accomplis ces dernières années, sont immenses. En 10 ans, l’âge médian de décès a progressé de 8 ans.
B. Les Traitements médicamenteux
a. les modulateur de la protéine CFTR
"Pendant longtemps, on a eu que des médicaments pour soigner les symptômes de la maladie (antibiotiques, fluidifiantes, enzymes pancréatiques...) explique Anna Ronayette-Preira. Aujourd'hui, on a des molécules qui ciblent les causes et engendrent un impact très positif sur les symptômes de la maladie. On peut voir une quasi-normalisation du taux de chlore, une grosse diminution de la toux, une stabilisation de la maladie voire une amélioration conséquente grâce aux modulateurs de la protéine CFTR".
La complexité d'obtenir un traitement efficace vient notamment du fait que la mucoviscidose est une maladie qui touche plusieurs organes. Beaucoup de patients ont des versions différentes des mutations pour lesquelles il faudrait un traitement adapté, ce qui demande beaucoup de recherches et de fonds financiers qui reposent principalement sur les dons des associations.
- le tout premier modulateur de CFTR, encore sur le marché aujourd'hui est Kalydeco (ivacaftor) fabriqué par les laboratoires Vertex Pharmaceuticals. Il a été autorisé en 2012. D'abord proposé aux patients porteurs de la mutation G551D , il a été étendu pour 8 autres mutations en juillet 2014. Malgré tout, le nombre de personnes correspondant aux profils génétiques adapté à ce traitement était de 2.8%, et seul 2% ont bénéficié de ce médicament, selon le Registre Français 2017.
- En 2015, c'est l'Orkambi, un médicament qui combine les molécules lumacaftor et ivacaftor, qui obtient l'autorisation avant d'être mis sur le marché en 2019. Son mode d'action cible la mutation la plus répandue chez les patients (les homozygotes F508del), soit 40% des malades en France. Le débat entre le laboratoire et l’État concernent la fixation d'une prix ayant mis beaucoup de temps, les patients n'ont pu en bénéficier qu'à partir de 2019. Heureusement, une autorisation temporaire d'utilisation a pu être mis en place avant qu'il n'obtienne l'AMM (Autorisation de Mise sur le Marché, ce qui a permis aux patients qui rentraient dans l'indication d'en bénéficier.
-Symkevi est également sur le marché. Il s'adresse à une faible quantité de patients (les homozygotes et , mais les discussions hétérozygotes avec mutation à fonction résiduelles). Il dispose d'une autorisation depuis 2017, mais les discussions concernent la fixation de son prix doivent avoir lieu.
Tous ces traitements ont un coût élevé s’élevant à plusieurs milliers d’euros, mais la mucoviscidose étant considérée comme une affection longue durée (ALD), tous les médicaments remboursés par la Sécurité sociale le sont à 100 %.
b. l'espoir de Kaftrio (une trithérapie)
Parmi la nouvelle génération des modulateurs de CFTR, la trithérapie offre beaucoup d'espoir ces dernières années, parce qu'elle ciblerait la plus grande partie des malades (ceux avec au moins une mutation F508del). L'amélioration
de l'état du patient est très importante, selon les résultats des études cliniques. Fabriqué par le laboratoire Vertex pharmaceuticals, le médicament Kaftrio d'abord autorisé aux Etats-Unis en 2019 , vient d'obtenir son autorisation de mise sur le marché en août 2020 par l'Agence du médicament européenne. Dans le cadre d'une autorisation temporaire d'utilisation nominative, certains patients de 6 ans et plus qui rentrent dans les conditions ont déjà pu en bénéficier, en raison de la gravité de leur état de santé.
c. la greffe de poumons
Lorsque la maladie évolue au point que le patient respire sous oxygène, ce dernier se voit proposer une greffe des poumons. L’impact sur l’amélioration de la qualité et l’espérance de vie sont très positifs. Cependant, "c’est presque une autre maladie après la greffe, explique Anna Ronayette-Preira. La mucoviscidose n’a pas disparu, les poumons fonctionnent normalement mais il reste les autres atteintes comme les troubles digestifs. La greffe pulmonaire est une opération très lourde. Pour en bénéficier, il faut une atteinte pulmonaire sévère, mais ne pas être trop faible pour supporter l’opération non plus". Il faut également que l’organisme supporte le greffon, ce qui oblige à prendre des immunosuppresseurs toute sa vie. "Le but ce traitement est de rendre le système immunitaire moins sensible pour qu’il ne rejette pas le greffon".
Le don d’organe s’est beaucoup amélioré ces dernières années et le temps d’attente n’est plus aussi long.
C. Les pistes de recherche pour l'avenir
Les avancées principalement financées par les associations continuent. Aujourd’hui, la recherche se tournent notamment vers :
-
La thérapie protéique : ce sont d’autres médicaments modulateurs de CFTR comme ceux qui existent déjà. "Il faut qu’il y ai une protéine synthétisée pour que ces modulateurs viennent agir sur la protéine défectueuse et rétablir son fonctionnement, ce qui n’est pas toujours le cas dans la mucoviscidose".
-
La thérapie génique : son avantage est que, contrairement à la thérapie protéique, elle ne dépend pas de la présence de la protéine. Elle consiste à introduire une copie saine du gène CFTR dans les cellules du patient et pourrait bénéficier à tous les malades.
Les virades de l’espoir, un enjeu majeur malgré le Covid
La générosité du public lors des Virades de l’espoir permet à l’association Vaincre la mucoviscidose de collecter environ 5 millions d’euros chaque année. Les défis que l’association doit relever sont immenses : permettre un accès rapide aux médicaments innovants, accompagner les patients dans leur vie sociale et développer des programmes de recherche. C’est ce défi que les Français peuvent relever en participant aux Virades de l’espoir le dimanche 27 septembre, et en participant à des défis en ligne, sur virades.org.